L'histoire des bibliothèques
Les bibliothèques font partie intégrante de l’âme du Muséum. Elles conservent de nombreux savoirs, tout autant que la mémoire de ces savoirs.
La naissance des Bibliothèques du Muséum
Archives, travaux, correspondances personnelles et professionnelles d’éminents savants et savantes, récits des découvertes scientifiques nées en ces murs ou des explorations qui ont repoussé les frontières des territoires connus, œuvres d'art illustrant la science... Les bibliothèques conservent les témoignages de la marche de l’Histoire dans laquelle s’inscrit le Muséum tout entier.
L’histoire des bibliothèques est étroitement liée à celle du Muséum. Elle commence dès la naissance du Jardin royal des plantes médicinales. Créée par Louis XIII et ouverte au public en 1640, cette institution, en plus d'étudier les fameux végétaux destinés aux soins, a pour vocation de dispenser des cours dans diverses disciplines des sciences naturelles. S’il est établi que le Jardin possédait alors déjà de nombreux ouvrages, il est impossible d’en évaluer exactement la quantité, faute de catalogue.
Quand, en 1793, la Révolution Française acte la transformation du Jardin du Roy en Muséum d’Histoire naturelle, les collections documentaires sont traitées et mises en valeur avec le même soin que les autres types de collections. En 1794, Georges Toscan, premier bibliothécaire du Muséum, s’attelle à évaluer les ouvrages présents au sein de l’institution. Partant de la collection de feu le Jardin du Roy, nourrie par les confiscations révolutionnaires et l’intégration de collections exceptionnelles telle la collection des Vélins, le bibliothécaire estime que la bibliothèque renferme déjà 15 000 volumes.
Anonyme, Vue du pont d'Austerlitz et de l'entrée du Jardin des plantes prise de l'Arsenal, [sans date]. Estampe sur cuivre, en noir, rehauts d'aquarelle. Muséum national d'Histoire naturelle, IC 5067 GF
Histoire de la Bibliothèque centrale
Considéré comme l’âge d’or du Muséum, le 19e siècle est aussi celui de la bibliothèque. Ses collections grandissent tant et si bien que l’étage de la Maison de Buffon (située en face de l’actuelle entrée de la Grande Galerie de l’Évolution) qui lui est consacré devient beaucoup trop petit. La bibliothèque est alors transférée en 1841 à l’extrémité de la galerie Louis-Philippe (actuelle galerie de Minéralogie). C’est pour cette raison qu’aujourd’hui encore, on peut apercevoir la mention « Bibliothèque » sur le fronton du bâtiment. Cet espace, équipé de nombreux rayonnages et habillé de fines boiseries, est alors prévu pour accueillir 40 000 volumes.
Au milieu du 20e siècle, la direction du Muséum constate que, bien qu’ayant au fil du temps agrandi au mieux l’espace alloué à la bibliothèque, les 600 000 ouvrages des collections documentaires s’y trouvent désormais à l’étroit. Un grand chantier est lancé, et en 1963 ouvre au public la Bibliothèque centrale. Celle-ci est composée de deux bâtiments reliés entre eux, mais à la confection et aux fonctions bien différentes.
Le bâtiment des magasins, tout en longueur, est comme apposé sur la Grande Galerie de l’Évolution. Ce monument de béton, façonné pour limiter l’exposition à la lumière, est composé de 7 niveaux aménagés pour la conservation des quelques 2 millions d’ouvrages, livres, revues, objets d’art ou scientifiques, photographies ou illustrations diverses, ainsi que l'atelier de restauration.
Le bâtiment de consultation, sur 3 étages, est quant à lui une colonne de lumière, entouré de grandes baies vitrées offrant une vue à la fois sur la Grande Mosquée de Paris d’un côté, et sur le Jardin des Plantes de l’autre. C’est au sein de ce bâtiment que les lecteurs et lectrices ont la possibilité de consulter les collections, en vue d’une recherche ou d’un enrichissement personnel. C'est également au cœur de ce bâtiment que se cache la « Salle des vélins », réserve d’objets et de livres rares, fermée au public en dehors de rares événements exceptionnels, comme les Journées Européennes du Patrimoine.
Les fonctions des différents étages de la Bibliothèque centrale vont être amenées à évoluer, notamment lors de grands travaux menés dès 1993. Dans la continuité des rénovations effectuées dans la Grande Galerie de l’Évolution, le cabinet des architectes Chemetov et Huidobro insère entre l’espace muséal et le bâtiment de consultation, un hall tout en hauteur et un nouvel escalier. L'importante surface au sol ainsi gagnée permet d’établir l’actuelle Médiathèque. Pensée comme un espace modulable, elle propose un accès aux sciences naturelles à destination de tous les publics, tant dans son offre documentaire que dans sa proposition d’activités et de médiations. Décorée d’œuvres variées, dont un hippopotame monumental sculpté par François Pompon, elle abrite notamment un authentique Cabinet de Curiosités du 18e siècle.
Globes de Coronelli à la Bibliothèque centrale du Muséum
© MNHN - A. IatzouraUn réseau de bibliothèques
Si la Bibliothèque centrale en est le pilote, les bibliothèques du Muséum national d’Histoire naturelle sont bel et bien un réseau d’une dizaine de bibliothèques spécialisées. Portant chacune une expertise dans des disciplines ou domaines scientifiques précis, elles sont localisées de part et d’autre du site du Jardin des Plantes, mais aussi en île de France. Si la plupart d’entre elles ont un accès réservé ou sur rendez-vous, la bibliothèque Yvonne-Oddon du Musée de l’Homme est, par exemple, librement accessible à tous les publics. Ouverte en 2015 après de grandes rénovations dans le bâtiment, elle offre un accès exceptionnel aux collections liées au Musée (anthropologie, préhistoire…) dans un écrin plein de lumière - avec vue sur la Tour Eiffel.
Si vous souhaitez en apprendre davantage sur les bibliothèques du Muséum, n’hésitez pas à surveiller les annonces d'événements auxquels participent les bibliothèques, à l’occasion desquels il est régulièrement possible d'en découvrir les coulisses et les trésors cachés...
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