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Novembre 1922 : la foule se presse aux portes du Grand Palais pour découvrir les travaux des artistes qui exposent pour le XVIe Salon d’automne. Peintres, architectes, décorateurs d’intérieur, lithographes et sculpteurs : 300 représentants de l’art décoratif y exposent plus de 2700 créations. Les visiteurs ont la surprise d’être accueillis dans le hall d’honneur par le plâtre grandeur nature d’un Ours blanc aux formes lisses, tête dressée, museau pointé, marchant, œuvre majeure de François Pompon, qui présente pour la première fois des petits bronzes d’animaux de basse-cour et de bêtes de zoo. Ce n‘est pas un débutant, il a 67 ans, son ami le peintre René Demeurisse a dû insister pour qu’il accepte d’exposer ses sculptures animalières.
Les critiques d’art le remarquent, un banquet est même organisé en son honneur. Il est enfin reconnu après avoir été de nombreuses années le praticien d’Auguste Rodin et René de Saint Marceaux. En 1925, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur. En novembre 1927, le Comité consultatif des Musées nationaux passe commande de l’Ours blanc pour la somme de 25 000 francs : taillé en pierre de Lens, le majestueux ursidé entre au Musée du Luxembourg en février 1929. Son succès est immense, des réductions sont réalisées en divers matériaux : plâtre, bronze, marbre, et biscuit de Sèvres.
Le 6 mai 1933, François Pompon décède après avoir légué toute son œuvre de sculpteur à l’Etat français par un testament daté du 5 juin 1929. Anatole de Monzie, Ministre de l’Education Nationale, propose le legs au Muséum pour rendre hommage au Jardin des plantes et à sa Ménagerie, sources d’inspiration quotidienne du sculpteur. Le legs est accepté par l’Assemblée des professeurs du Muséum au cours de la séance du 10 mai 1933. Achille Urbain, Directeur du Muséum, et René Demeurisse, exécuteur testamentaire de l’artiste, proposent d’installer un Musée Pompon au rez-de-chaussée de la Galerie de botanique alors récemment construite. Le Musée Pompon, inauguré le 13 janvier 1934, présente dans deux salles les œuvres de l’artiste : les géants, plâtres originaux de l’Ours blanc, du Cerf et du Condor, les petits animaux de la ferme et les pensionnaires du zoo, les figures humaines, les dessins et une reconstitution partielle de l’atelier du sculpteur au 3 rue Campagne-Première.
Le Musée Pompon reste ouvert au public jusqu’en septembre 1939. Suite à la déclaration de la guerre, une partie du fonds est mise en caisses et évacuée vers Fougères-sur-Bièvres. A leur retour en octobre 1941, les 15 caisses des œuvres sont stockées dans les caves du Muséum. Suite à la demande du sénateur-maire de Dijon le chanoine Kir, lors de la séance du 10 février 1947, l’Assemblée des professeurs décide de mettre en dépôt au Musée des Beaux-Arts de Dijon l’ensemble du Musée Pompon à l’exception de 20 sculptures dont les deux plâtres grandeur nature de l’Ours blanc et du Taureau.
En 1994, la rénovation de la Bibliothèque centrale permet de mettre en valeur les trois grands plâtres restaurés du Taureau, de l’Ours blanc, de l’Hippopotame jusqu’à l’automne 2015, date de la migration des deux premiers vers le Musée de l’Homme. Et c'est dans la galerie permanente du musée que vous pouvez aujourd'hui admirer cet ours centenaire !
- La visite thématique proposée au Musée des Beaux Arts de Dijon.
- Les oeuvres de François Pompon conservées par les bibliothèques du Muséum, signalées dans le catalogue Calames
- Catalogue illustré des œuvres de François Pompon. - Paris, Editions de la Société des Amis du Muséum, 1934. Cote : 252 593
- Chevillot Catherine, Colas Liliane, Pingeot Anne avec la collaboration de Laure de Margerie. François Pompon : 1855-1933. Paris, Gallimard/Electa, Réunion des musées nationaux, 1994. Cote : 730 POM
- Colas Liliane, Meyer Hélène, Gras, Catherine et al. François Pompon 1855-1933. Dijon, Editions Faton, 2020. Cote : 266 372