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Entrepris en 2019, le reconditionnement des médailles de la Bibliothèque centrale a permis une nouvelle réorganisation de cette collection particulière et honorifique, frappée du nom des grands hommes qui ont fait le Muséum. Pas moins de 200 médailles, plaques et tirages en plâtre la composent, entreposés dans un médaillier conservé dans la Salle des Vélins, plus particulièrement dans le « Cabinet de la Girafe » *.
Si une partie de la collection était déjà cotée** et en place dans le meuble - dont les tiroirs sont feutrés et partagés en quatre parties par trois tasseaux de bois - d’autres étaient rangées à différents endroits de la bibliothèque. Les rassembler a donc été nécessaire, la disposition actuelle permettant de poursuivre l’accroissement de cette collection. Quant aux coffrets et écrins qui contenaient les médailles, ils ont été conditionnés dans une boite stockée dans la réserve des œuvres d’art.
L’ensemble de la collection a été nettoyé, car le métal présentait des traces d’oxydation, ou avait perdu de son éclat. Les tiroirs, bien agencés, posaient toutefois le problème de l’instabilité des objets, qui n’étaient pas suffisamment calés. Ainsi chaque médaille, plaque ou tirage, est sertie dans un carton neutre blanc sur fond de feutrine grise (déjà présente dans le meuble) et l’on peut soulever chaque objet à l’aide d’un ruban sur lequel sa cote est indiquée. Les médailles rondes sont placées dans des formes carrées ajustées, plus simples à découper dans le carton épais, tandis que celles de formes triangulaires ou polygonales ont été mises dans leur forme exacte. (Fig.2) Une exception fut faite pour les tirages en plâtre circulaires ou ovoïdes de très petite taille : il fallait les maintenir et d’autre part indiquer la cote différemment du ruban. Couper le carton à la forme exacte s’est donc justifié ; la cote est indiquée à même le carton. (Fig.3)
Pour les autres, le ruban sert de levier, un scratch le retenant en position lorsque la médaille est en place. Le rondage*** est fait à même le ruban. Des étiquettes étaient déjà placées avec leur médaille initialement : le vergé utilisé, la typographie des caractères et la composition ont donc été reprises pour homogénéiser l’ensemble.
Les médailles ont été disposées par cotes dans les différents tiroirs, préalablement dépoussiérés, aspirés, et cirés. (Fig.4) Leur nombre varie en fonction de leur taille, mais aussi pour correspondre à un poids équivalent entre chaque tiroir. Les pièces les plus lourdes ou les plus larges ont été mises dans un tiroir où elles sont à nombre restreint pour les premières et où des barrettes de bois ont été retirées pour permettre leur placement pour les deuxièmes. Leur mise à l’annexe dans un tiroir ultérieur est stipulée par un fantôme****, reprenant à une échelle moindre le détail d’une face de l’objet et surtout sa cote. (Fig.5 à 8)
D’autre part, les moulages en plâtre ont été mis tous ensemble dans un même tiroir, afin de garder une cohésion, et d’éviter, surtout, un déséquilibre.
Atelier de restauration des bibliothèques du Muséum.
* : réserve ouverte exceptionnellement au public à l’occasion de manifestations culturelles
** : la cote est un ensemble de symboles désignant l’emplacement géographique d’un ouvrage ou d’une œuvre
*** : action d’apposer une étiquette portant la cote sur un ouvrage
**** : repère en matière rigide qui remplace en rayon un ouvrage ou un œuvre provisoirement ou définitivement absent